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Edgar MANSOUR, Président de COBRA, après l'acquisition de TRANSCO

- Pouvez-vous nous rappeler l'organisation du Groupe COBRA, que vous avez construit à partir de DEPREUX et GORO ?
-Contrairement aux autres fabricants de bandes, nous pensons que la bande transporteuse n'est qu'un composant du système de convoyage, même s’il s’agit du plus important. Nous nous sommes donc également intéressés aux fonctions principales ayant une influence sur la performance et la durée de vie des bandes transporteuses et du système de convoyage dans sa globalité. Ces fonctions sont par exemple le jonctionnement des rouleaux de bande, point faible du système, le chargement de la matière sur la bande qui, s'il est mal conçu ou maintenu, diminue fortement la durée de vie de la bande,...
Nous voulions ainsi nous démarquer de cet égocentrisme des acteurs du secteur autour du caoutchouc et de cette fragmentation de l'offre de composants individuels. Le Groupe a d'abord changé de nom : nous sommes passés de DEPREUX, fabricant reconnu de bandes transporteuses robustes, à COBRA, qui marque son intérêt pour le convoyeur dans sa globalité, avec ses différents composants et fonctions.
Cette démarche d’évolution s’est illustrée avec l’acquisition de deux sociétés spécialisées dans d'autres composants que la bande : GORO, historiquement fabricant d'agrafes, que nous avons transformé ces dernières années en fournisseur de systèmes complets (d'abord de jonctionnement de rouleaux, puis de stations de chargement, puis enfin de systèmes de nettoyage de bandes), et MOSSIER, fabricant italien de presses hydrauliques de jonctionnement.
Si le Groupe s'appelle COBRA, il conserve et développe la personnalité de ses trois marques : DEPREUX, GORO, MOSSIER. Nous venons d’ailleurs de décider d'adopter une nouvelle marque, GO smart. Celle-ci remplacera GORO, qui restait malgré nos efforts synonyme d’agrafes mécaniques minières. GO smart va pouvoir affirmer son rôle de fournisseur de systèmes pour optimiser le fonctionnement des différentes fonctions du convoyeur avec des compétences non seulement mécaniques, mais aussi en matière de caoutchouc, polymères,  signaux et systèmes.
- Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à reprendre TRANSCO ?
-Nous avons été très séduits par ce leader européen des bandes caoutchouc blanches et noires pour les industries agricoles et alimentaires. La montée des exigences pour la santé humaine et animale, avec un souhait de conserver l'intégrité des propriétés des matières alimentaires transportées, ainsi que les exigences de securité des installations de transport, représentent des opportunités pour les bandes et sangles TRANSCO.
D'autre part, nous pensons pouvoir, avec notre réseau international, exporter le savoir-faire de TRANSCO en dehors de l'Europe.
-Comment le marché de la bande, déjà très marqué par la mondialisation, va-t-il réagir à la crise actuelle ?
-Nous sommes aujourd'hui le cinquième acteur mondial. Nous voyons autour de nous plusieurs "business models".
La plupart des acteurs, très petits ou plus gros, souhaitent rester régionaux. Un grand nombre d'entre eux vont souffrir, notamment en Chine, dans le Sud et à l'Est de l’Europe.
A l’inverse, les acteurs mondialisés ne sont en fait qu’une poignée. Nous pensons que ceux ayant un modèle de réseau de petites usines à proximité de leurs marchés résisteront mieux que ceux ayant un nombre limité de sites de production de très grande taille et à vocation d'export.
Nous pensons enfin que notre modèle unique, qui consiste à s’intéresser au système entier de convoyage, avec de multiples marques aux identités très fortes, disposant d’un réseau réactif d'usines et de points commerciaux et de distribution autonomes mais liés, représente un atout réel en temps de crise. Signalons ainsi que, malgré le contexte actuel, nous venons de démarrer une usine de bandes transporteuses en Pologne, dont nous allons étendre la capacité en 2009. Nous venons également de décider, avec nos partenaires chinois dans Shanghai GORO, d’acquérir une usine de bandes en Chine pour la développer en 2009 et 2010.

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