Marc des RIEUX (Expert International, Arbitre et Médiateur, des RIEUX SAS), à propos des projets industriels sur les convoyeurs menés à l’Ecole Centrale de Lyon
-Comment vos activités d’expert en convoyeurs à bande vous ont-elles mené à développer des contacts avec le milieu de l’enseignement, et en particulier avec l’Ecole Centrale de Lyon ?
-Dans tous les domaines techniques, il y a des zones d’ombres connues, parfois de longue date, ou qui apparaissent à l’occasion d’une expertise. Les incertitudes de mon domaine technique m’ont incité à lancer des recherches. Pour cela, il faut du temps, de la compétence, des moyens matériels et de l’objectivité. J’ai considéré que ces qualités se trouveraient naturellement dans les ressources d’une grande école d’ingénieurs.
Mes premiers contacts, il y a 15 ans, m’ont mis en relations avec la Junior Entreprise de l’Ecole Centrale de Lyon et les résultats obtenus sur les sujets traités m’ont semblé d’un bon rapport qualité/prix. Rapidement, j’ai proposé des sujets plus complexes et le Président de la Junior Entreprise de l’Ecole Centrale, considérant que mon offre dépassait leurs possibilités, m’a orienté vers la Direction des Etudes de l’Ecole. Les professeurs qui m’ont reçu ont classé les sujets que je leur ai exposés, soit en thème relevant du doctorat en mécanique, soit en Projets d’Industriels (P.I.).
À ce jour, pour ce qui concerne les sujets de « thèse », je suis toujours à la recherche de partenariats industriels, essentiellement tournés vers les manufacturiers de bande et/ou les constructeurs de convoyeurs.
Pour les sujets relevant des Projets Industriels, traités par des équipes de 6 élèves de 2ème année, nous détenons, à ce jour, trois premières mondiales, qui ont généré, chacune, une forte valeur ajoutée et une notoriété reconnue. Ces acquis ont permis à des RIEUX SAS de garder une avance importante en compétences dans le domaine.
Ces relations privilégiées avec l’Ecole Centrale m’ont incité à accueillir des élèves en fin de 2ème année pour des stages en entreprise, sur des périodes de 8 semaines. J’ai pu apprécier la capacité de travail de ces futurs ingénieurs et la rigueur de leur approche scientifique. Pour préciser le haut niveau de compétence des élèves que j’ai rencontrés en 15 ans, je note qu’il y a eu trois docteurs en mécanique et qu’au moins un élève, tout juste diplômé, occupe un poste de directeur d’usine dans un secteur export fortement concurrentiel.
-Quels sont les derniers développements réalisés ?
Cette année, j’ai mené deux projets industriels. L’un concernait le calcul de la structure des châssis de convoyeur du « mètre courant ». L’objectif recherché était de comparer 5 conceptions différentes de châssis, sur le plan mécanique et économique. La particularité de l’étude imposait une conception « universelle », c’est-à-dire réalisée à partir de demi-produit standard et commun, disponible en tout point dans le monde, nécessitant des outils pour l’ouvraison et le montage des plus simples et réalisés par une main d’œuvre avec une qualification courante. L’étude imposait, également, une portée (distance entre 2 pieds) égale au pas des rouleaux retour, sachant que le pas des rouleaux retour, en application stricte de la norme ISO 5048 #5, est de 12 à 15 m dans les conceptions des RIEUX SAS. La synchronisation du pas des rouleaux retour et des pieds du châssis fait que l’on déleste le châssis proprement dit du poids de la bande et des rouleaux du brin retour. À l’issue de la soutenance, les élèves ont conclu leur étude en donnant un classement des solutions sur les plans mécanique et économique, avec une réduction des coûts pouvant atteindre pratiquement 50 % du prix des conceptions usuelles en UPN, base de la comparaison.
L’autre sujet concernait le développement de notre logiciel Traject 2009 en 2D et 3D, qui permet le calcul des paraboles de chute au tambour de jetée, avec la prise en compte des fronts de chocs et caisse à pierre. Le cahier des charges imposait une méthodologie de développement très rigoureuse, caractérisée par la rédaction simultanée du mémoire et du développement informatique. Le mémoire représente la véritable valeur ajoutée de l’étude, puisqu’il contient tous les algorithmes, leurs définitions et enchaînements. Il permet, surtout, la poursuite de cette étude par n’importe quelle équipe ; plus que le « code source », il est le cœur de l’étude. Ce Traject 2009 est une évolution de notre ancien logiciel Traject v2 qui avait été développé à partir de l’expérimentation. Cette première version avait pu mettre en évidence des phénomènes particuliers pour les écoulements à vitesse initiale réduite et des variations importantes du débit instantané, du matériau manutentionné, au point de contact avec la bande aval.
Si Traject v2 m’a permis d’apporter des améliorations significatives à la conception des convoyeurs, Traject 2009 couvre, aujourd’hui, les cas spécifiques, encore nombreux.




